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Rentrée au collège: suis-je prêt à le laisser grandir ?

Les enfants grandissent si vite… Le plus grand rentre déjà au collège ! Certes, il ne s’agit pas de sa première rentrée, mais celle-ci annonce de grands changements dans la vie de votre jeune adolescent et des personnes qui l’entourent.

Entrer au collège, ce n’est pas seulement changer d’école. C’est découvrir un nouveau fonctionnement scolaire, prendre davantage de responsabilités, apprendre progressivement à se déplacer seul, et parfois faire ses premiers pas avec un téléphone ou sur les réseaux sociaux. Pour votre adolescent, c’est une nouvelle étape vers l’autonomie.


Lorsque l’on vit en famille recomposée, ces changements peuvent aussi venir bousculer l’organisation des différents foyers et la place de chacun. Pour autant, il n’est pas question de laisser l’adolescent tout gérer seul : il s’agit de l’accompagner progressivement vers davantage d’autonomie, avec l’aide et la coopération des adultes qui l’entourent.


Du primaire au collège : un nouveau fonctionnement


L’entrée au collège peut parfois faire peur car elle apporte de nombreux changements.

En plus d’un établissement souvent plus éloigné du domicile, votre enfant découvre de nouveaux camarades et plusieurs enseignants, avec leurs propres méthodes et exigences. Il doit alors apprendre à s’organiser et anticiper. Certains établissements proposent des casiers pour stocker ses affaires, d’autres non : il faut donc apprendre à gérer son matériel et à ne rien oublier.


Rassurez-le : toutes ces nouveautés arrivent progressivement !

En 6e, l'élève découvre progressivement les nouvelles exigences du collège, ce qui lui laisse le temps d'apprendre à gérer cette nouvelle organisation. Il peut ainsi expérimenter, se tromper et progresser dans son autonomie, avant que les années suivantes n’amènent progressivement les premières réflexions autour de l’orientation.

Bien sûr, votre enfant gagne en autonomie, mais certaines décisions nécessitent encore l’accord parental.


L’article 372-2 du Code civil stipule que, dans le cadre de l’exercice en commun de l’autorité parentale, une présomption d’accord existe entre les parents pour les actes usuels relatifs à la personne de l’enfant. A contrario, pour les actes non usuels, l’accord des deux parents est nécessaire.


En d’autres termes, pour les actes usuels, l’accord ou la signature d’un seul parent suffit, car chacun est réputé agir avec l’accord de l’autre. Pour les décisions importantes concernant la vie de l’enfant, comme certaines décisions médicales ou d’orientation, l’accord des deux parents peut être nécessaire.

Votre accord et votre soutien restent nécessaires pour certains parcours scolaire et professionnel. Mais la parentalité ne se résume pas à donner son accord ou signer des documents : il s’agit aussi de soutenir l’enfant dans ses décisions et ses apprentissages.


En famille recomposée, le beau-parent peut lui aussi être un véritable soutien au quotidien : aide aux devoirs, accompagnement aux activités extrascolaires ou simplement écoute. Il ne détient pas d’autorité parentale, mais l’entrée au collège peut être l’occasion de redéfinir ensemble la place de chacun.


Téléphone et numérique : apprendre à encadrer une nouvelle liberté


Le collège est pour beaucoup de jeunes synonyme du premier téléphone portable. En France, un : l’entrée au collège peut donc créer une certaine pression pour « faire comme les autres ». À l’adolescence, le besoin d’appartenance et de ressembler à ses pairs est particulièrement présent. Cela peut expliquer l’insistance de votre enfant… mais non, très cher parent, ce n’est pas parce que ses amis sautent d’un pont qu’il le fera aussi !

Le téléphone peut pourtant être un véritable outil du quotidien : contacter ses parents, utiliser des rappels, consulter des documents, scanner un QR code, accéder à l’ENT ou gérer un agenda partagé. Il reste cependant nécessaire d’accompagner son utilisation et de prévenir les risques liés aux écrans et à Internet.


À savoir : Des changements récents concernant le numérique

Les règles et recommandations concernant les usages numériques des adolescents évoluent rapidement. Certaines mesures présentées dans cet article sont donc particulièrement récentes et susceptibles d’évoluer encore.


L’article L. 511-5 du Code de l’éducation pose notamment le principe de l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable à l’école et au collège, sauf exceptions. D’autres mesures concernent le développement d’un usage raisonné du numérique, notamment avec le dispositif « Portable en pause ».


Au-delà du téléphone, l’accès à Internet et aux réseaux sociaux nécessite également un accompagnement. Plutôt que de chercher à tout contrôler, l’objectif est de maintenir le dialogue : que regarde-t-il ? Avec qui échange-t-il ? Pourquoi ? Comment réagit-il face à ce qu’il voit ? Des échanges autour de sujets légers (vidéo drôle, influenceur préféré, tendance du moment…) peuvent aussi ouvrir la porte à des discussions plus difficiles autour du cyberharcèlement, de contenus violents ou pornographiques ou d’une rencontre inquiétante.



En famille recomposée, les règles concernant le téléphone, le temps d’écran ou l’accès à Internet peuvent différer d’un foyer à l’autre. L’idéal est d’en discuter avant que la question ne se pose pour l’enfant. En cas de désaccord, il peut apprendre à comprendre et à s’adapter aux règles propres à chaque foyer.


Se déplacer seul : les premiers pas vers l’indépendance


L’entrée au collège nécessite souvent de faire davantage de trajets. Votre enfant peut progressivement apprendre à se repérer seul sur des parcours qu’il connaît, lire un plan ou demander de l’aide en cas de besoin. Certains transports permettent également aux jeunes de voyager seuls le plus souvent à partir de 13 ans.


Comme pour toute nouvelle autonomie, cela s’anticipe et s’adapte à l’âge et aux capacités de chacun : repérer les trajets, les expérimenter ensemble, rappeler les règles de sécurité, prendre un abonnement de transport en commun, remettre le vélo en état ou, plus tard, envisager le permis AM dès 14 ans et la conduite accompagnée à partir de 15 ans.


Cette autonomie peut véritablement faciliter l’organisation des deux foyers dans lesquels l’adolescent vit. Attention toutefois à ne pas lui faire porter toute la responsabilité : les trajets en voiture peuvent aussi rester un moment de confort et un espace privilégié pour échanger avec lui.


Grandir entre deux maisons


L'enfant devient progressivement adolescent, et cette évolution peut parfois déstabiliser les adultes : il demande davantage d'intimité, souhaite prendre ses propres décisions et peut avoir moins envie de tout raconter.


Pour le beau-parent, cette période peut également demander un ajustement. L'enfant grandit, cherche davantage d'indépendance et peut remettre en question certaines règles. Ce qui fonctionnait lorsqu'il était plus jeune ne fonctionnera pas nécessairement quelques années plus tard. Le rôle du beau-parent peut alors évoluer : accompagner, conseiller, être disponible… sans chercher à prendre la place du parent.


Lorsqu’un enfant est capable de discernement, il peut être entendu par le juge dans les procédures qui le concernent, notamment lorsqu’une question de résidence se pose. Il peut être entendu seul, avec un avocat ou accompagné d’une personne de son choix. Il s’agit d’un droit à être entendu, mais cela ne garantit pas que la décision sera systématiquement prise dans le sens souhaité par l’enfant.



Nous avons pu évoquer la question de la distance et des déplacements en autonomie. Parfois, le trajet n’est pas réalisable ou l’autonomie n’est pas envisageable. Dans l'intérêt de l’enfant, il peut aussi être envisagé l’internat scolaire. Les établissements proposant un internat peuvent être recherchés à l’aide de l’annuaire de l’Éducation nationale. Pour vous aider à financer l’internat, vous pouvez bénéficier, selon votre situation, d’une aide des fonds sociaux collégien ou lycéen ou d’une prime à l’internat.


Accompagner l'autonomie sans tout lâcher


Votre enfant devient donc autonome sur divers aspects, mais aussi dans les « petites choses du quotidien ».


Dans son travail scolaire, votre enfant aura moins de devoirs à faire avec vous et davantage d’apprentissages en autonomie, ce qui demande plus de rigueur dans la gestion de sa charge de travail. En cas de difficulté, il existe le dispositif « Devoirs faits », un temps d’étude accompagnée gratuit au collège. Il est obligatoire pour les élèves de 6e et permet d’être accompagné dans la réalisation des devoirs.

Votre enfant peut aussi commencer à gérer son propre argent : un livret jeune peut être ouvert dès 12 ans et, à partir de 16 ans, un compte courant peut être ouvert avec l’accord des parents.

L’adolescence permet aussi de s’approprier progressivement son suivi de santé : connaître ses rendez-vous et, si besoin, son traitement médical. À partir de 16 ans, il peut notamment obtenir sa propre carte Vitale et demander à devenir assuré social autonome.

Selon l’âge et la maturité, il peut enfin être envisagé de laisser son enfant seul au domicile, toujours progressivement : commencer par un court temps, prévoir le repas si besoin, et ne pas lui confier d’emblée la garde de ses petits frères et sœurs.


Conclusion


L’entrée au collège est une étape majeure dans le développement de votre adolescent en devenir. Elle marque progressivement le passage vers davantage d’autonomie : dans sa scolarité, ses déplacements, son utilisation du numérique, mais aussi dans la gestion de son quotidien et sa place au sein du foyer.


Tous ces apprentissages nécessitent le soutien et l’accompagnement d’adultes de confiance. Même si, sur certains aspects, l’accord parental reste nécessaire, parent comme beau-parent peuvent soutenir cette prise d’autonomie en laissant progressivement des responsabilités et en apprenant à faire confiance.


Alors au collège, on ne cesse pas d'être parent. On apprend simplement à l'être autrement.




Bibliographie : Cliquez sur le texte pour avoir le lien !


Sources :

Pour aller plus loin


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